Wight en First 210

 Ce récit n’a qu’un seul objectif, partager notre expérience en First 210 et vous donner l’envie de franchir le pas, plus précisément la Manche, et pas obligatoirement par le Pas de Calais.

Nous sommes deux copropriétaires d’un First 210 né en 1997 (je parle du bateau, évidemment!) et baptisé APACH. Depuis cette date son port d’attache est Port Blanc dans les Côtes d’Armor, c’est une baie à 5miles à l’est de Perros Guirec.

 

Durant toutes ces saisons nous avons chaque année élargi un peu plus notre terrain de jeu. A ce jour le point le plus au sud est Lorient, le plus au nord Carteret. Les anglo-normandes et Chausey sont aussi des lieux où nous avons très souvent montré notre étrave.

Comme chaque année notre principale croisière de la saison se déroule aux alentours du jeudi de l’Ascension. Selon les années cette période se situe plus où moins tôt dans la saison, en 2011 elle n’a jamais été aussi tardive. Notre navigation se fera du 30 mai au 13 juin, et pour cette 15èm saison pourquoi pas élargir le périmètre plus au nord, aller voir de l’autre côté du Channel.

Nous avons tout d’abord imaginé une traversée directe, environ 90miles nous séparent du point le plus proche, Salcombes. Une analyse rapide des côtes anglaises aux abords de notre atterrissage potentiel nous montre qu’à l’est se situe la « Lyme bay », 50miles sans véritable point de chute, si l’on veut continuer à l’est ce sera donc une autre longue journée de navigation pour pas grand chose. A l’ouest il y a bien sûr les iles Scilly, à près de 100miles, un peu trop loin à notre goût. Par expérience nous savons que même si nous serons plus tard dans la saison, avec un « petit bateau » la probabilité de rester bloquer 2 à 3 jours au port pour cause de mauvaise météo est à prendre en compte, de plus nous aimons lors de nos ballades mélanger l’utile à l’agréable, pour être clair y mettre une dose de farniente et deux doses de tourisme.

Rapidement notre choix s’arrête sur l’ile de Wight et environ. La réputation du Solent, bras de mer entre Wight et le continent, n’est plus à faire. C’est le haut lieu de la voile outre-Manche.

Inconvénient c’est plus loin, environ 140miles à vol de goéland, avantage Guernesey est sur la route et permet de faire le trajet en deux étapes, et même pourquoi pas en trois étapes en faisant une autre halte à Aurigny.

Notre plan de navigation est fait. L’aller se fera en trois étapes, une halte à Guernesey, une seconde à Aurigny. Le retour est plus ouvert avec une étape possible du côté de Cherbourg avec à suivre le passage du Raz Blanchard pour une nouvelle halte sur l’ile de Victor Hugo. Sur place les possibilités de navigation ne manquent pas, Cowes, Lymington, Beaulieu river, Hamble river, Gosport, Portsmouth. Bien sûr tous les points d’atterrissage et de passage potentiel de notre parcours sont soigneusement repérés sur nos cartes ainsi que chargés dans notre GPS.

 

Wight 1 Carte du parcours

Lundi 30 mai

– 7h départ de Port Blanc, 8105 miles au compteur, une cinquantaine de miles nous séparent de Guernesey.

 

Vent faible d’ouest, nous nous appuyons au moteur, ciel couvert, 1h plus tard nous envoyons le spi.

 

La navigation est facile nous passons au nord des Roches Douvre. Nous croisons deux autres bateaux qui à priori, comme nous, vont à Guernesey mais naviguent sur l’autre amure pointant à l’ouest de Guernesey. Nous affalons le spi à 16h il était plus que temps, entrainé par le courant qui nous pousse à l’est nous nous retrouvons au près un peu trop serré avec un vent qui vire au nord ouest. Nous rejoignons la Marina Victoria à 17h30 sans devoir tirer de bord mais c’était limite on a clairement trop tardé à virer. Les autres bateaux croisés sont déjà là leur option était meilleure, nous aurions dû virer dans leur sillage et comme eux mieux anticiper le courant et la bascule de vent.

 

Guernesey, escale toujours aussi sympa, courant oblige le départ pour Aurigny à 25miles n’est prévu que demain vers 16h. Nous avons planifié un passage par le Swinge pour relâcher dans le port de Braye qui se situe à l’ouest de l’ile.

 

Le Swinge est le passage nord ouest entre Aurigny et l’ile Burhou. Sur les cartes françaises on peut le retrouver sous le nom de « Singe ». Après recherche Swinge à la même racine que le verbe swinguer, ça en dit long sur l’endroit. Effectivement c’est une zone que l’on n’emprunte pas n’importe comment et surtout n’importe quand. Les courants peuvent y atteindre 9 noeuds provoquant des déferlantes dangereuses, ne pas s’y engager vent contre courant, le passage doit se faire à l’étale de courant, 2h30 avant la PM ou BM locale.

 

Notre plan de navigation indique « heure de passage idéale du Swinge 22h45 ».

 

Mardi 31 mai

 

– 15h30, départ, vent fort de nord ouest, 1 ris et foc roulé à 50%.

A la sortie du port nous empruntons le Petit Russel, passage entre Guernesey et Herm. Le temps est clair, la navigation se fait à vue. Ca va vite, un peu trop vite, nous savons déjà que nous arriverons bien avant l’heure de passage optimal.

Nous avons repéré sur notre carte Hannaine bay, au sud ouest de l’ile, une baie qui, d’après les informations recueillies, peut servir de lieu d’attente avant de s’engager dans le Swinge.

Nous approchons de l’ile, nous pointons vers le waypoint Hannaine bay. Nous essayons de comprendre avec difficultés où se situe cette baie abritée, ça va vite la mer est trop forte impossible de s’en approcher. Et pourtant voilà ce que disent les informations récupérées et notées sur notre plan de navigation

« Hannaine Bay – South of Clonque Fort, a good place to wait for fair tide through the Swinge. »

Ce n’est vraiment pas le bon jour pour y relâcher, nous abandonnons l’option, Hannaine bay est infréquentable aujourd’hui.

 

Nous lofons et nous engageons dans le Swinge, plus de 3heures avant l’heure optimale, c’est à dire au moment le plus défavorable, où le courant y est le plus fort. Attention non retour ! Nous sommes évidemment seul sur l’eau.

 

Les roches affleurantes nous guident, 10 noeuds sur le fond. Nous slalomons entre les remous, heureusement le temps est clair. Nous frôlons les roches « Corbet » parmi les déferlantes, la mer bloquée par ces hauts fonds accélère, la dérive est de 80°, nous avançons en crabe. Si ça continue nous allons voir l’entrée du port de Braye défiler devant nous sans avoir le temps d’y rentrer. Le courant se calme enfin, la digue de Braye arrive très vite, l’entrée du port est barrée par des déferlantes pas très accueillantes. Seul une zone plus calme se situe à l’autre extrémité de l’entrée. Nous nous laissons dériver encore pour l’emprunter côté opposé à la digue.

 

Il est 19h15, 22miles en 3h45. Le Swinge est passé très vite, trop vite, à éviter dans ces conditions.

 

Nous prenons une bouée parmi les grosses unités, la température est polaire, le diner se fera à l’intérieur.

 

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Malheureusement nous n’avons pas trop le temps de mettre pied à terre, le départ du lendemain est prévu aux premières lueurs. A priori un service de taxi-boat fonctionne de 8h à 23h en saison, coût 1,50£ par passager, pour un aller (autant pour le retour) 2,50£ entre 20h et 23h. Nous ne verrons pas le maitre de port, nous laisserons donc une ardoise de 15livres, prix unique appliqué à chaque bateau quelque soit sa longueur.

Mercredi 1er juin

– Levé difficile, il est 4h30, le mouillage du port de Braye était infernal, nous n’avons pas fermé l’oeil.

Il fait presque jour, le vent est établi au nord-ouest. Le temps est clair, il fait froid, nous partons au près avec un courant favorable.

8h30, Yvon rejoint sa bannette pour récupérer de la nuit blanche. Les premiers cargos du rail nord-sud apparaissent à l’horizon. Le rail sera traversé sans encombre. Une seule règle, au moindre doute virer ou abattre pour passer derrière le mastodonte contre lequel on ne peut rien.

10h, Yvon prend la barre pour passer le rail montant, à mon tour d’aller récupérer.

13h, le vent vire à l’ouest, l’allure est confortable, la vitesse est correcte, 5 noeuds sur le fond.

On inaugure la nouvelle ligne à maquereau, en quelques minutes 3 maquereaux sont remontés, nettoyés et chantent déjà dans la poêle. On sait, la cabine sentira le poisson jusqu’à demain matin, mais c’est excellent avec des potatoes !

16h, nous devinons la côte anglaise. Les falaises blanches des Needles de Wight se dessinent petit à petit. Comme dit la chanson « Wight is Wight», mais « Wight is white » aussi.

 

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19h, Nous passons la cardinal ouest « Bridge » qui marque la pointe des Needles. Exactement à l’heure prévu dans notre plan de navigation. La mer monte et nous entraine dans le Solent. On se croirait un dimanche d’août, de nombreux voiliers régatent de toute part, beaucoup de monotypes aux allures des années 50 avec un « X » ou un « Y » sur la voile. De gros porte-containers descendent le Solent vers l’ouest, le port de Southampton n’est pas loin.

 

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Nous avons prévu de relâcher à Yartmouth même si une note sur notre plan de navigation signale « du 3 au 5 juin à lieu le Yarmouth Old Gaffers festival avec une centaine de vieux gréements. » Nous sommes le 1er juin, nous ne sommes donc pas très surpris lorsque nous apprenons que le port est déjà complet, même pour un petit bateau.

Nous décidons de prolonger pour rejoindre un mouillage forain abrité que j’avais repéré en me promenant virtuellement avec « Google Map », c’est le seul que j’ai repéré sur l’ile. Il s’agit de la Newton river, à 3miles à l’est de Yartmouth, nous le rejoignons 40mn plus tard.

Attention à l’approche, ne pas trop s’écarter de l’alignement au 130°, des bancs de sable limites le tirant d’eau de part et d’autre. L’accès n’est large que de quelques mètres, nous pénétrons dans un lagon, paradis des oiseaux. Un havre de tranquillité, si l’on oublie le cri des oiseaux. Un peu encombré quand même, normal ça va être la fête à Yarmouth ce weekend. Nous nous y enfonçons au maximum pour chercher une bouée libre que l’on repère au loin. Elle est libre, quoi de plus normal, elle n’est pas vraiment accessible, nous nous plantons dans la vase comme des débutants, de plus nous avons fait l’erreur à éviter, la quille est relevée à 100% nous n’avons donc aucune marge pour nous libérer. Nous tentons durant 5 minutes de nous sortir de cette situation, sans succès. Heureusement la mer monte. Un couple d’anglais nous aide à déporter notre ancre pour nous déhaler dès que la mer sera remontée de quelques centimètres. Ce sera fait 45mn plus tard.

 

Les oiseaux sont partout. Des cygnes, habitués à venir réclamer leur pitance s’approchent de nous et n’hésitent pas à passer leurs têtes par dessus le plat bord et nous faire comprendre qu’ici le maitre de port c’est eux et que le mouillage se règle avec quelques morceaux de pain sinon attention aux doigts!

 

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Au petit matin l’endroit est paradisiaque, c’est vraiment le paradis des oiseaux.

Jeudi 2 juin

Dans la matinée nous partons au moteur vers Cowes en longeant la côte de l’ile au plus près.

 

Le Solent est encombré, c’est un mélange de vieux gréements et de bateaux high-tech, sans oublier le ballet incessant des ferry et hydroglisseurs qui font la liaison avec le continent. A l’approche de Cowes nous doublons l’hydroptère (et oui!), pas de miracle… il est à l’amarre, il attend une fenêtre météo favorable pour tenter de battre le record du tour de l’ile détenu par Steve Fossett sur son Maxi-Catamaran PlayStation en 2h34mn.

 

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Nous rentrons dans le port de Cowes, la rivière Medina est bordée de part et d’autre par de nombreuses marina. Nous jetons notre dévolu et nos amarres au hasard, sur un des pontons nommé « UKSA ». (United Kingdom Sail Academy), situé sur la rive gauche avec accès rapide au centre de Cowes.

 

Le lieu est peu fréquenté. Les secrétaires ne connaissent pas les modalités pour les bateaux de passage. C’est une école qui ne semble pas avoir l’habitude de recevoir de visiteurs, et pourtant une pancarte spécifiant « visitors welcome » nous y invite, à priori c’est nouveau, crise oblige peut-être.

 

Après quelques coups de téléphone elles nous annoncent « 1pound du pied » (1pound = 1,25euros), nous payons pour 3 nuits et décidons de parcourir Wight en bus à partir de Cowes. Les tarifs seront effectivement dans tous les ports autour de 20 à 22 pounds par nuit.

Premier contact avec Wight, ballade dans le centre de Cowes. Nous achetons des billets de bus valables 2 jours pour une visite approfondie de l’ile.

Vendredi 3 juin

Première ballade en bus, halte à Newport, capitale de l’ile, par où passe toute les lignes de bus. Tous les points de l’ile sont facilement accessibles en bus, c’est le moyen de transport principal.

Visite du port sur la rivière Medina, rivière qui se jette dans la mer à Cowes et qu’il est possible de remonter de Cowes à Newport à marée haute. Visite du musée de vieux « navires » se trouvant sur le port, c’est pas la foule, on est seul dans le musée.

 

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La campagne est bien entretenue, la côte sud magnifique, les points de vue sur les falaises de craie sont inhabituels. Nous terminons la journée par un « fish and chips » modèle « classic », arrosé d’une pinte. La digestion sera laborieuse.

 

Samedi 4 juin

Ballade en bus vers FreshWater Bay, puis vers Totdand et enfin Yarmouth où la bière coule à flot, ambiance kermesse anglo-saxonne, le festival des « Old Gaffers » bat son plein.

 

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Dimanche 5 juin

La température passe de 23° à 15°, le vent est au nord-est.

Nous quittons Wight vers 11h pour Hamble-River sur la côte proche de Southampton.

Comme d’habitude le trafic est dense, l’entrée dans la rivière est bien balisée.

 

Nous sommes surpris par la quantité de bateaux aux mouillages et aux pontons.

 

Nous remontons la rivière jusqu’à la dernière marina, Marina Swanwick.

 

 

L’après midi est consacré à la visite de la fameuse brocante marine « Foulkes and Sons » située sur une barge en amont de la rivière, malheureusement « Sunday is closed ». On s’attarde dans le capharnaüm qui entoure la barge, on y reviendra le lendemain. Ce sera une pinte au fameux pub « Jolly Sailor » dont la terrasse donne directement sur la rivière. Le pub mérite vraiment le détour, on peut y venir directement en annexe, il faut juste être sûr de pouvoir y remonter au sortir de la taverne.

 

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Lundi 6 juin

 

Nous repartons visiter la fameuse « Chandlery Barge  Foulkes and Sons », réputée sur l’ile de sa majesté comme la caverne d’Alibaba des shiplanders, effectivement ça vaut le coup d’oeil.

 

Nous cherchons aussi une hypothétique supérette, pas évident de trouver quelque chose dans le coin, vraiment trop isolé.

 

A 14h30 nous quittons la Marina et dévalons Hamble-River, direction Gosport à une douzaine de miles. La marina ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Le trafic routier continu qui passe sur le pont trop proche rend la zone bruyante.

 

Pas beaucoup de vent, mais comme d’habitude beaucoup de monde sur l’eau. En route, j’assure le repas du soir à base d’oméga3 au goût prononcé de maquereau anglais.

 

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Mardi 7 juin.

Dès 10h nous traversons la baie sur un bateau navette, 8mn pour atteindre Portsmouth.

La réhabilitation des docks est superbe , un mélange d’inox, de briques rouge et de bois.

 

Nous prenons des billets pour la visite du Portsmouth historique, HMS Warrior, Museum Marie-Rose, HMS Victory,. Pour ceux qui doute encore du nom du vainqueur de la bataille de Trafalgar, ici il y en a que pour lui, un vrai héros ce vice-amiral Horatio Nelson.

 

En vrai touriste nous terminons par un Harbour Tour.

 

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A 18h nous décidons de retourner sur Wight, et pourtant… ça souffle.

1 ris, vent 5-6 d’ouest sud-ouest, en plein dans le nez. Le vent contre le courant du Solent donne une mer forte et hachée. Peu de bateaux sur l’eau, quelques uns arrivant de France naviguent au portant sous génois seul. Le près est difficile, même très difficile..

Nous tirons des bords durant 1 heure jusqu’à  » Gilkicker Point » et décidons de rebrousser chemin, nos bords sont peu efficaces, la mer est trop mauvaise, nous sommes trempés, retour a Gosport.

 

Mercredi 8 juin

– Levé 8h15: avis de grand frais annoncé, nous voilà encore bloqués à Gosport. A mon avis il était déjà là la veille au soir lors de notre tentative de départ.

Proche de la marina se trouve l’ « Endeavour Quay » bien plus connu sous son précédent nom de chantier « Camper & Nicholsons ». Le fameux chantier a fermé en décembre 2005 mais les âmes du Velsheda,  Shamrock, Endeavour et autres Class J hantent encore les lieux.

 

Nous repartons nous balader à Portsmouth dans les vieux docks.

 

Le vent se renforce encore, les embruns passent par dessus les « foothpass ». La ville de Portsmouth vaut vraiment le détour, les vieux docks réhabilités sont surplombés par l’impressionnante Spinaker Tower.

 

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Jeudi 9 juin

– Le vent c’est enfin un peu calmé, courses au « Morrissons » du coin et départ vers Wight. 15h nous partons avec un ris et génois à 50%, vent d’ouest dans le nez Le temps est très clair Nous longeons la côte de Wight: la pointe de Bremdridge, Ride, Wootton, Cowes, le courant est avec nous bizarre. La remontée du Solent se fait à coups de virements de bord, nous sommes un peu trop toilés donc bien trempés. Nous apercevons les mats dans Newtown bay, arrivons sur la balise ouest, alignement au 130° et nous prenons une bouée dans ce lagon. Il y a peu de bateaux, et pourtant 65000 personnes sont attendues dès le lendemain au fameux festival de pop musique de Wight. Après un arrêt de plus de 30 ans le festival a repris en 2002, ce n’est plus l’affiche des années 70 avec ses 600 000 spectateurs. Il accueillera quand même Bruce Springsteen du 22 au 24 juin 2012.

 

Demain départ à l’aube pour l’hexagone, nous n’avons pas encore choisi notre point d’atterrissage, c’est pas le choix qui manque sur notre plan de navigation, on verra en fonction des évènements.

 

Vendredi 10 juin

– Départ 5h. Nous quittons le mouillage au moteur s’en trop s’attarder.

6h, nous empruntons l’étroit passage de Hurst-point et déjà les Needles se profilent. La mer est calme inutile d’aller chercher la cardinale « Bridge », nous passons au plus près des Needles appareil photo en main.

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Nous progressons moteur et voile, cap au 220.

Yvon va se reposer, pas pour longtemps. Après 1h je l’appelle à la rescousse, un violent grain nous oblige à prendre un ris.

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Nous essayons de gagner vers l’ouest car le vent est prévu virant sud ouest l’après midi, vaut donc mieux avoir quelques degrés en réserve.

Notre cap est impossible à tenir, nous dérivons bien au nord d’Aurigny, il est 19H, les courants ne sont pas encore inversés. Même s’il est déjà tard nous décidons de prolonger jusqu’à Guernesey en longeant la côte est d’Aurigny, en empruntant le fameux Raz Blachard.

 

Le bateau part en crabe prit dans les tourbillons provoquer par les hauts fonds, on embarque de l’eau par l’arrière, nous devons abattre pour garder de la vitesse.

Au sud est d’Aurigny, nous nous écartons encore un peu plus de l’ile pour éviter une zone de déferlantes.

Notre choix est de passer par le petit Russel. Nous perdons en cap avec une dérive de 30° vers Sark. la remontée vers Guernesey devient très difficile.

Nous tirons des bords, la mer est formée, la nuit tombe. Après plusieurs heures sur ce tapis roulant, nous empruntons finalement le petit Russel. La nuit est claire, nous reconnaissons les lumières de l’entrée du port, il est 1h30 du matin.

 

Comme d’autres nous attendons l’ouverture de la marina Victoria, nous franchirons la porte accompagnée par un marsouin.

Couché à 2h30, journée un peu longue, environ 90miles de plus au compteur.

 

Samedi 11 juin.

 

– Aujourd’hui repos, séchage, belle journée, balade à pied, visite du jardin de Victor Hugo, impossible de visiter la maison c’est complet. Nous ne la visiterons pas le lendemain non plus, « Sunday is closed ».

Nous savons déjà que le départ prévu le lendemain ne sera pas possible, avis de grand frais annoncé, décidément !

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Dimanche 12juin.

– Gros coup de vent de sud-ouest de force 7-8, pluie continue. On croit que rien ne peut arriver dans cette marina bien abritée, encore moins par vent d’ouest, sud-ouest. Que nenni ! la mer monte franchit le seuil apportant une houle sortie d’on ne sait où. La porte n’est pourtant pas très large et pourtant en quelques minutes nous nous retrouvons dans une machine à laver. C’est la panique, chacun s’occupe de ses amarres, ça commence à taper contre les pontons.

 

Les à-coups sur les amarres sont tels qu’il nous est impossible de rester à bord. Nous vérifions les amarres et comme beaucoup nous nous réfugions sous une pluie battante dans le hall d’entrée des douches avec pour seule occupation l’analyse des prévisions météo qui défilent sur un écran plat.

 

Il ne faisait pas bon être absent ce jour là, il y a un peu de la casse sur les bateaux voisins, étrave, balcon.

 

Accalmie prévue demain matin, soulagement, la reprise du travail se fera à temps.

 

Lundi 13 juin

– Levé 7h, petit déjeuner rapide, sortie du bassin Victoria.

Nous devons nous réapprovisionner en essence avant de partir, notre 5cv japonnais à l’appétit d’oiseau a quand même tourné pas mal depuis notre départ.

Nous avions essayé la veille de nous approvisionner à terre en carburant, impossible, sécurité oblige il n’est pas permis de se fournir avec un bidon. Si celui-ci est à bord il est considéré comme un réservoir, il faut donc passer à la pompe avec le bateau.

Nous partons avec un ris, à vrai dire vu le coup de vent de la veille nous ne savons pas trop quel temps nous allons rencontrer durant les premières heures.

9h45, nous doublons la pointe St Martin au son lancinant de sa corne de brume, et oui nous sommes dans le brouillard.

Le ris sera vite enlevé, suivi de la mise en service du moteur.

Journée tranquille, moteur-voile, « circulez y a rien à voir » la journée sera noyée dans un brouillard à couper au couteau, aucun repère, pas très agréable. Il se lève un peu dans la soirée et nous permet de voir le phare des 7iles qui s’allume au loin.

 

Nous cherchons Goazer, notre bouée d’approche de Port Blanc. Nous nous mettons dans le secteur blanc du phare d’accès, il est 22h30, 8494miles au lock, une virée de 390miles.

Si c’était à refaire.

Nous éviterions sans doute notre halte à Aurigny et le passage du Swinge à un moment inopportun. Il n’était pas facile de suivre les consignes ce jour là, l’étale des courants était trop tardive, et pourtant… il faut les suivre.

Une traversée directe en passant à l’ouest des Casquets aurait sans doute été plus judicieuse.

Nous ne sommes sans doute pas passés au meilleur endroit dans le Raz Blanchard, les hauts fonds près d’Aurigny provoquent remous et déferlantes. Après renseignement le passage de l’autre côté du Raz semble plus approprié. C’est sans doute ce que nous aurions dû faire et par la suite se laisser entrainer par le courant dans le Grand Russel et ne pas lutter pour aller chercher le Petit Russel trop à l’ouest.

 

La ballade à Wight vaut vraiment le déplacement, l’ile et ses alentours est sans doute une des zones de navigation la plus intéressante que nous ayons faites. Nous y retournerons sans doute…

Et pour ceux qui voudraient une raison supplémentaire pour s’y rendre :


The second Beneteau 21 Solent Championships will be held on 16th June 2012 out of the Cowes Corinthian Yacht Club, Cowes, Isle of Wight.
Calling all 21 racers and cruisers to join from near and far!
The format will again be 3-4 races held on Saturday 16th June followed by a BBQ at the Cowes Corinthian YC for crews, family and spectators.
To sign up please contact Kirsten Percival,
kblohm@hotmail.co.uk or call 07961 110087
This is a fun yet competitive event and we re trying to get as many 21s together as possible.
We had 5 entries in our inaugural race in 2011 ….. let’s double it for 2012.
No handicap, just a simple version of one design.
210s, 211s and 21.7s welcome